samedi , 22 septembre 2018
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KËR DEMBA 2: Les « Baana Baana » de la religion

KËR DEMBA 2: Les « Baana Baana » de la religion

A KËR Demba, le sage Demba débat de tout et n’épargne rien. Dans un foyer de sagesse, les mots ne manquent guère et les enseignements vont bon train. Un regard sur la société, la religion…

Mactar est un homme de Dieu. C’est un bon dévot, il est pieux. Il prie Dieu et jeûne à longueur de journée. Il défend les valeurs sûres de la religion sans arrière pensée. Mactar a le cœur pur, il est le prototype du bon musulman. Il se souscrit sans condition aux principes divins.

Mactar est saint homme aux yeux de Dieu mais hélas la société ne le considère pas, elle le sous-estime. Elle le sous-estime pour la seule et simple raison qu’il n’a pas de liasses de billets de banque à distribuer. Mactar n’a pas de compte offshore et ne porte pas de basin riche.

Il ne possède pas de parking. Notre Mactar est victime de sa pauvreté mais il est digne quand même. Son voisin Massaer est le prototype du mécréant. Il passe le plus clair de son temps dans la débauche. Il se nourrit de la sueur des pauvres honnêtes hommes.

Massaer est receleur et détourneur de fonds publics. Il fait tout ce que la religion interdit et ne fait rien de ce qu’elle recommande. Mais Mass vit dans le luxe, il roule sur l’or. Ses comptes offshore se comptent comme de petits pains. Pour cela, Massaer est dans les petits papiers des religieux « baana baana ».

 Quand il s’agit de parrainage d’événements religieux, Massaer est convoité, il est choisi. Dans les lieux de culte, son nom est acclamé haut et fort. Le digne et bon dévot Mactar est laissé en rate et est traité de tous les noms d’oiseau. Voilà le visage que certains donnent à la religion en ce troisième millénaire au Sénégal.

 Elle ne sert plus pour la plupart du temps de trait d’union entre l’homme et Dieu, des faux dévots mal intentionnés en font un fond de commerce et se remplissent les poches. Cependant, il faut bien que l’intelligence ait part à l’acte de la foi et que la religion garde un sens aux yeux de la raison.

Aujourd’hui, les formes et les systèmes religieux ont tendance à s’épuiser et à se corrompre, et ils doivent être détruits, sinon leur sens intérieur se perd, leur connaissance d’obscurcit, leur pratique devient nocive pour parler comme Aurobindo. Garde courage Mactar, la pauvreté n’est pas un vice, reste digne « ku dee gis dëëg ».

DEMBA NDIMBELANE, le sage de la maison

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