vendredi , 25 mai 2018
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KËR DEMBA 6: «suicide collectif»A koungheul, il y’avait des candidats pour ce voyage de la désespérance, des taximen avaient vendu leurs motos et avaient pris le chemin du calvaire.

KËR DEMBA 6: «suicide collectif»A koungheul, il y’avait des candidats pour ce voyage de la désespérance, des taximen avaient vendu leurs motos et avaient pris le chemin du calvaire.

Si dans un pays, les bras valides, aptes à le faire émerger se donnent volontairement la mort en essayant de rallier l’Europe par la voie maritime, il y a vraiment lieu de s’inquiéter. Il est certes bien d’être ambitieux en entreprenant son développement personnel mais pas au point de risquer sa vie à travers une émigration dite clandestine et très dangereuse.

Dire que le Sénégal manque de travail est aussi faux que de vouloir considérer l’Europe comme un eldorado où l’argent s’amasse très facilement. Si l’émergence du Sénégal doit avoir comme piédestal l’émigration, les horizons du développement risquent de nous être impossibles d’accès et pour toujours.

Aujourd’hui, la crise migratoire est au cœur des débats, des milliers de migrants à la recherche de condition de vie meilleure crèvent en mer, d’autres, les survivants retrouvent des conditions pires, beaucoup plus médiocres que celles vécues dans leurs pays d’origine. Sur la route qui mène vers l’Europe, les cadavres se comptent comme de petits pains.

Si l’Afrique a été victime de l’esclavage et de la colonisation les siècles précédentes, elle est aujourd’hui proie de l’émigration. Qui croit que la question de l’émigration clandestine est une vielle histoire patauge dans l’erreur: elle est toujours d’actualité et toujours mortelle comme d’habitude. Nous lançons une alerte aux autorités compétentes, ce problème auquel nous sommes confrontés nécessite une réaction éminente et des mesures idoines doivent être mises en place.

L’Etat a l’obligation et le devoir de protéger ses citoyens où qu’ils se trouvent. Si une jeunesse est désespérée jusqu’à soumettre sa candidature pour le périple vers la mort et la ruine, il urge que les décideurs politiques réagissent en essayant de trouver des solutions avant que l’hécatombe ne se produise.

Ces temps-ci, des jeunes qui pourtant exerçaient un travail même si celui-ci n’était pas fameux, ont organisé leur héritage en vendant terrains, moto-taxi et tous biens à leur disposition pour pouvoir payer pour leur ruine en essayant de regagner l’occident par la Libye ou l’Égypte.

Nos radars nous ont indiqué qu’ils auraient pris pour point de départ Tambacounda, de là ils paieraient 85000 FCFA pour rallier Agades, pour en suite joindre Tripoli à bord de 4/4 pick-up ou des camions pour ensuite regagner Milan.

Sur ce trajet, ils sont souvent pris en otage, maltraités, emprisonnés, malades et meurent avant de voir le bout du tunnel. Ils vivent un calvaire indescriptible mais s’entêtent toujours à fourrer leurs nez dans la gueule du loup.

À koungheul, il y’avait des candidats pour ce voyage de la désespérance, des taximen avaient vendu leurs motos et avaient pris le chemin du calvaire. Des activités de sensibilisation doivent être initiées et menées afin que les jeunes aient des idées claires sur cette affaire.

Avec 800.000 Fcfa, on n’a pas besoin de franchir les frontières, il suffit juste de bien entreprendre pour s’en sortir. Si les émigrés acceptaient de consentir au Sénégal les mêmes sacrifices que celles vécues à l’étranger, ils auraient émergé.

 Au Sénégal les secteurs pourvoyeurs d’emploi ne manquent pas mais sont mal exploités. L’agriculture à elle seule peut régler le problème de l’emploi mais dans nos pays, elle est l’affaire des pauvres. L’Etat doit mener des politiques en vue de rendre ce secteur beaucoup plus attractif car il est la pierre angulaire de tout développement entrepris dans ce monde moderne.

 La terre est généreuse chez nous et la pluie est abondante mais hélas les hommes sont paresseux et chécreux. Chers concitoyens, aimez votre pays et de grâce restez y, l’émigration clandestine est un suicide collectif.

DEMBA NDIMBELANE

Un commentaire

  1. Prochain article: entretien avec Ahmadu Siga Fay

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