jeudi , 18 octobre 2018
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KËR DEMBA 4 : La tabaski des peines

KËR DEMBA 4 : La tabaski des peines

Au Sénégal, on note une recrudescence de fêtes: tabaski, Korité, Gamo, Magal, Tamxarit, baptêmes, mariage, ndeyélé, funérailles… etc. L’année est jalonnée de fêtes qui à chaque fois engloutissent des sommes d’argent faramineuses. La tabaski a.k.a Eid el kabiiir en est une et la plus lourde en termes de dépenses. La tabaski est parti d’une promesse que le prophète Ibrahima PSL aurait fait à Dieu tout puissant.

Jusqu’à un âge trop avancé, il n’avait pas eu le privilège d’avoir un fils. Ainsi il fit une promesse à Dieu tout puissant, une promesse selon laquelle si ce dernier lui donnait un fils, il le tuerait en guise de sacrifice pour le remercier de sa bonté. Sa prière fut exaucé, Dieu lui fit don d’un fils: Ismaïl. Il tena promesse et le jour où il s’apprêtait à l’égorger, Ismaïl fut remplacé par un bélier et sa vie fut sauvée.

Une belle leçon de morale que les prêcheurs de la maison auront peut être l’occasion de détailler. Nous nous limiterons juste à passer au peigne fin la fougue qui accompagne cette fête chez nous. Les sénégalais savent-ils que même le mouton, l’élément le plus important de la tabaski n’est pas tributaire d’une obligation? C’est comme le hajj, ça dépend des moyens du fidèle, il y est obligé seulement si ces moyens sont au rendez-vous.

 Pas mal de sénégalais tuent des moutons ce jour-là et pas des moins chers sans atteindre le but recherché. Que dire de quelqu’un qui achète un mouton à hauteur de 400.000frs alors qu’à côté ses voisins peinent à manger à leur faim. Doit-il se réclamer musulman, sachant tout ce que Dieu à dit à ce propos? Les sénégalais ont la culture du gaspillage du plus haut sommet de L’Etat jusqu’au citoyen le plus lambda. Il est impossible d’émerger dans ces conditions.

On se tue pour décrocher un mouton, des habits neufs alors qu’on n’y est même pas obligé. Cette manière de fêter la tabaski ainsi que toutes les dépenses afférentes n’est qu’une projection de la personnalité de l’homosenegalensis. Nous sommes ainsi forgés, on ne nous a pas appris la priorité et le pragmatisme. La sagesse ne fonde pas nos actes religieux, notre foi se base sur le tâtonnement et les ouï-dire. Nous sommes conçus dans le gaspillage dans la mesure où les dépenses accompagnants le mariage de nos mères étaient dignes d’un vrai parcours du bon combattant pour nos pères. Ils, nos pères ont remué ciel et terre pour décrocher nos mamans. Lorsque nous sommes nés, c’est le gaspillage même qui nous a accueillis.

 Nos baptêmes ont été célébré avec un excès excessif. Comment un enfant né et grandit dans ces conditions peut-il se passer de ces pratiques malsaines installées et gravées au plus profond de lui? Ne devons nous pas revoir notre copie en ce qui concerne l’éducation de nos enfants? Si nous voulons renverser la tendance, il urge de les éduquer à se suffir de ce qu’ils ont et à envier rien à personne. En tant que musulmans, ayons comme référence la « sunna » du prophète Mouhamed PSL.

La tabaski doit nous rapprocher de Dieu tout puissant, elle doit nous purifier et écraser les mauvaises intentions en nous. La tabaski ne saurait être synonyme de peine ou de charge insupportable. Dieu est compréhension, Dieu est clémence et il ne donne une mission au fidèle que selon ses capacités de l’accomplir. Apprenez juste à bien célèbrer la tabaski, elle n’est pas un festival, c’est une recommandation divine valable pour celui qui en capable. C’est une « sunna » recommandée et non un fin en soi. Bonne fête de tabaski à toute la ummah islamique.

DEMBA NDIMBELANE

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